La chasse aux Draconides potentielles sera impossible cette année
à cause de la Pleine Lune du 7 octobre, sauf en cas de gros sursaut
d'activité (aunsun n'est prévu). Si jamais quelque chose
devait avoir lieu, la période pendant laquelle on peut s'attendre
aux pics possibles s'étendrait du 8 octobre, à 14h30m
TU (λ = 197°075, ce qui est la même longitude
héliocentrique que le sursaut d'activité de 1998) et 22h20m
TU (l'heure de passage au point nodal, λ = 195°4)
au 9 octobre, entre 4h et 7h TU (ce qui correspond
au faible sursaut d'activité de 1999, λ = 195°63
—195°76). Heureusement, les choses s'améliorent énormément
pour les ε-Géminides et les Orionides
plus tard dans le mois. La Pleine Lune de novembre gâche le pic des
Taurides sud le 5 novembre, et même pour le maximum de la branche
septentrionale du 12 novembre, elle restera un problème pendant
une grande partie de la nuit. La début de la phase intéressante
des Taurides (qui s'étend de fin octobre à début novembre),
qui produit occasionnellement une relance de l'activité et plus
de bolides que d'habitude, est favorisé par un croissant lunaire
ou un premier Quartier au pire. Plus tard en novembre toujours, les Léonides
et les α-Monocérotides bénéficieront
de cieux parfaits sans Lune. Les maxima de début décembre
seront perdus à cause de la Lune brillante, mais cette nuisance
disparaît pour les géminides, les Coma-Bérénicides
et les Ursides. Les pics des autres essaims de décembre sont : le
2 décembre pour les χ-Orionides ; le 6 décembre,
à 15h TU pour les Phoenicides ; aux alentours du 7
décembre pour les Puppides-Vélides ; le 9 décembre
pour les Monocérotides et le 12 décembre pour les σ-Hydrides.
ε-Géminides (EGE)
Actif: du 14 au 27 octobre ; Maximum: 18 october (λ = 205°); ZHR = 2;
Radiant: α = 102°, δ = +27°; Dérive du radiant: voir Tableau 6 (page 23);
v∞ = 70 km/s; r = 3.0;
TFC: α = 090°, δ = +20° and α = 125°, δ = +20° (&bêta; > 20° S).
Un faible essaim d'activité mineure dont les caractéristiques
et la période d'activité coïncident à peu près
avec celles des Orionides, c'est pourquoi il faut être très
précautionneux afin de faire la distinction entre ces deux sources
par des techniques instrumentales – surtout avec les observations vidéo
et télescopiques – ou les tracés de trajectoires faits à
l'œil nu. Le croissant de Lune ne sera qu'une perturbation mineure bien
après minuit, ce qui représente une belle opportunité
pour obtenir de plus amples informations sur ces météores
à partir des deux hémisphères. Les observateurs situés
au nord auront l'avantage d'avoir une élévation du radiant
qui est utile à partir de minuit, mais ceux situés plus aux
sud bénéficient quant à eux un lever de Lune plus
tardif.
Orionides (ORI)
Actif: du 2 Octobre au 7 novembre; Maximum: le 21 octobre (λ = 208°); ZHR = 23;
Radiant: α = 095°, δ = +16°; Dérive du radiant: voir Tableau 6 (page 23);
v∞ = 66 km/s; r = 2.5;TFC: α = 100°, δ = +39° and α = 075°, δ = +24° (β > 40° N); or
α = 080°, δ = +01° and α = 117°, δ = +01° (&bêta; < 40° N).
La Nouvelle Lune d'octobre tombe parfaitement pour le pic des Orionides
cette année. Le radiant de l'essaim est situé à proximité
de l'équateur céleste, et atteint une élévation
utile vers minuit dans les deux hémisphères, bien qu'un peu
plus tôt au Nord, donc tous les observateurs de la planète
peuvent profiter de l'essaim. Audrius Dubietis a mené début
2003 une analyse sur l'essaim à partir des données de l'IMO
recueillies entre 1984 et 2001, ce qui permit de modifier légèrement
le ZHR du pic et l'indice de population r ci-dessus. Ces deux paramètres
ont également fait preuve d'une variabilité d'une année
sur l'autre, le ZHR maximum s'étalant de ~ 14 à 31
ces vingt dernières années. De plus, une périodicité
de 12 ans, qui avait été suspectée plus tôt
au XXème siècle aurait été partiellement confirmée,
ce qui signifierait que les taux les plus importants seraient pour la période 2008
—10, et peut-être que les meilleurs ZHRs seront d'environ 20
—25 cette année. Les Orionides ont toujours été
remarquées pour leurs maxima secondaires autres que celui indiqué
ci-dessus, ce qui maintient une activité à peu près
constante pendant plusieurs nuits autour du pic. En 1993 et 1998, un maximum
secondaire aussi important que le pic principal a été détecté
dans la nuit du 17 au 18 octobre en Europe,
par exemple. Tous les observateurs devraient tenir compte de ces possibilités,
car les conditions d'observations seront très favorables pour surveiller
l'essaim sous des cieux noirs dans la nuit du 17 au 18
octobre cette année. Plusieurs radiants secondaires ont également
été rapportés par le passé mais des travaux
vidéo récents suggèreraient que le radiant est bien
moins complexe; des travaux photographiques, télescopiques et vidéo
seraient utiles pour le confirmer, car les observateurs à l'Å“il
nu ont clairement eu des problèmes pour déterminer la position
du radiant de l'essaim par le passé.
Léonides (LEO)
Actif: du 14 au 21 novembre; Maximum: le 17 novembre, à 20h50m TU (λ = 235°27), mais voir ci-dessous; ZHR = 10 —100+?;
Radiant: α = 153°, δ = +22°; Dérive du radiant: voir Tableau 6 (page 23);
v∞ = 71 km/s; r = 2.9;
TFC: α = 140°, δ = +35° et α = 129°, δ = +06° (β > 35° N); ou
α = 156°, δ = -03° et α = 129°, δ = +06° (β < 35° N).
PFC: α = 120°, δ = +40° avant 0h heure locale (β > 40° N);
α = 120°, δ = +20° avant 4h heure locale et
α = 160°, δ = 00° après 4h heure locale (&bêta; > 00° N);
α = 120°, δ = +10° avant 0h heure locale et α = 160°, δ = -10° (&bêta; < 00° N).
Comme l'ont montré les événements de 2003 et 2004,
lorsque des ZHRs de ~ 20 à 40 étaient
observés, la fin des tempêtes de Léonides de la période 1998
—2002, associée au passage au périhélie de
la comète 55P/Tempel-Tuttle de 1998, ne veut pas dire la fin de
la période d'intérêt de cet essaim fascinant. Cette
année pourrait être marquée par un retour encore plus
important de l'activité des Léonides, avec peut-être
des ZHRs de 100 à 150. L'horaire indiqué
ci-dessus est celui du passage au point nodal, et si ce qui s'est passé
ces dernières années se reproduit, toute activité
près de cet horaire pourrait être dû à des filaments
à l'intérieur du courant. Les prédictions pour les
taux maximum (pas de tempête!) dus au filament de 1933 faites par
Rob McNaught et Davis Asher donnent un horaire de 4h45m TU
le 19 novembre. Des travaux récents d'Esko Lyytinen et Tom van Fladern
donnent un temps très légèrement différent
de 4h48m TU, ce qui confirmerait les autres prévisions.
Le radiant des Léonides se lève vers minuit, heure locale
(ou après pour les sites au sud de l'équateur), et avec la
Nouvelle Lune du 20 novembre, les cieux noirs devraient être parfaits
pendant les différents maxima potentiels. Un pic proche du point
nodal favoriserait des sites asiatiques, mais les relances d'activité
seront mieux observées depuis l'Amérique du Nord et du Sud,
jusqu'en Afrique et en Europe. D'autres maxima possibles ne sont pas à
exclure (jetez un coup d'oeil aux mises à jour du WGN, ou sur la
liste de diffusion IMO-News), et les observateurs devraient observer autant
que possible tout-au-long de la période d'activité de l'essaim,
au cas où quelque chose a lieu. Toutes les méthodes d'observations
peuvent être utilement utilisées.
α-Monocérotides (AMO)
Actif: du 15 au 25 novembre; Maximum: le 21 novembre, 21h05m TU (λ = 239°32);
ZHR = variable, généralement d'~ 5, mais pouvant produire des sursaut d'~ 400+;
Radiant: α = 117°, δ = +01°; Dérive du radiant: voir Tableau 6 (page 23);
v∞ = 65 km/s; r = 2.4;
TFC: α = 115°, δ = +23° and α = 129°, δ = +20° (&bêta; > 20° N); or
α = 110°, δ = -27° and α = 098°, δ = +06° (&bêta; < 20° N).
Un autre essaim de la fin de l'année capable de réserver
des surprises, les α- Monocérotides ont
donné leur dernier sursaut d'activité en 1995 (le EZHR maximum,
d'environ 420, a duré 5 minutes, le sursaut total
environ 30 minutes). Beaucoup d'observateurs à travers l'Europe
l'ont observé et nous avons ainsi été capables de
remettre à jour toutes les caractéristiques de cet essaim.
A l'heure où nous écrivons ce texte, on ne sait toujours
pas si la périodicité de dix ans supposée pour ces
sursauts d'activité est vérifiée ou non, ceci dépendant
des résultats d'observation 2005. Quoiqu'il arrive en 2005, tous
les observateurs devraient continuer de surveiller de près cette
source en cas d'événements inattendus. La Nouvelle Lune du
20 novembre est une excellente nouvelle pour les observateurs cette année.
Le radiant est bien en vue des deux hémisphères après 23h
heure locale, donc l'horaire prévu du pic tomberait bien pour les
sites situés de l'Est de l'Europe et de l'Afrique et couvrirait
une grande partie de l'Asie.
Géminides (GEM)
Actif: du 7 au 17 décembre; Maximum: le 14 décembre, à 10h45m TU (λ = 262°2) ± 2.3h;
ZHR = 120;
Radiant: α = 112°, δ = +33°; Dérive du radiant: voir Tableau 6 (page 23);
v∞ = 35 km/s; r = 2.6;
TFC: α = 087°, δ = +20° and α = 135°, δ = +49° avant 23h heure locale,
α = 087°, δ = +20° and α = 129°, δ = +20° après 23h heure locale (&bêta; > 40° N);
α = 120°, δ = -03° and α = 084°, δ = +10° (&bêta; < 40° N).
PFC: α = 150°, δ = +20° and α = 060°, δ = +40° (&bêta; > 20° N);
α = 135°, δ = -05° and α = 080°, δ = 00° (&bêta; < 20° N).
L'un des meilleurs essaims annuels actuellement observables. Cette année,
le croissant lunaire se lève aux environs de 1h heure
locale partout dans le monde le 14 décembre, mais sera une petite
nuisance. Il y aura de nombreuses opportunités d'observations sous
des cieux bien noirs depuis l'hémisphère Nord, car le radiant
des Géminides culmine vers 2h heure locale, et très au nord
de l'équateur, il s'élève à partir du coucher
du Soleil, et il atteint une élévation utile à partir
des premières heures du soir. Dans l'hémisphère sud,
le radiant ne se lève qu'à partir de minuit environ. Mais
même là-bas, c'est un essaim splendide qui offre des météores
souvent brillants et de vitesse moyenne, vision récompensante pour
tous les observateurs, quelle que soit la méthode employée.
Le pic a montré de faibles signes de variabilité des taux
maximums et des horaires des pics ces dernières années, les
six maxima les plus fiablement observés ces 15 dernières
années s'étant déroulés 2h 20m autour de l'horaire
donné ci-dessus. Cet horaire favoriserait surtout les sites d'Amérique
du Nord et centrale, zone qui peut être étendue un peu à
l'Est ou à l'Ouest si le maximum a lieu un peu plus tôt ou
plus tard. La distribution massique des particules signifierait que les
météores les plus brillants (à l'Å“il nu ou au télescope)
devraient être plus abondants 1° de longitude héliocentrique
(environ un jour) avant le pic visible à l'Å“il nu, des résultats
d'observation télescopique indiquant que ces météores
proviendraient d'une région allongée, peut-être avec
trois radiants secondaires. Des résultats plus approfondis sur ce
sujet seraient utiles.
Coma Bérénicides (COM)
Actif: du 12 décembre au 23 Janvier; Maximum: le 20 décembre (λ = 268°); ZHR = 5;
Radiant: α = 175°, δ = +25°; Dérive du radiant: voir Tableau 6 (page 23);
v∞ = 65 km/s; r = 3.0;
TFC: α = 180°, δ = +50° et α = 165°, δ = +20° avant 3h heure locale,
α = 195°, δ = +10° et α = 200°, δ = +45° après 3h heure locale (&bêta; > 20° N).
Un faible essaim mineur qui n'est généralement observé
que pendant les périodes d'activité des Géminides
et des Quadrantides, mais qui a besoin de plus de
surveillance à d'autres périodes, surtout pour mieux
définir son maximum. L'essaim est quasiment inobservable de l'hémisphère
sud, donc les observateurs de
l'hémisphère nord devront braver le froid de l'hiver
pour améliorer nos connaissances sur cet essaim. Le radiant atteint
une élévation utile à partir de minuit heure locale,
et le pic correspondant exactement avec la Nouvelle Lune, les conditions
d'observation sont parfaites.
Ursides (URS)
Actif: du 17 au 26 décembre ; Maximum: le 22 décembre, à 19h TU (λ = 270°7);
ZHR = 10 (occasionellement variable et pouvant atteindre 50);
Radiant: α = 217°, δ = +76°; Dérive du radiant: voir Tableau 6 (page 23);
v∞ = 33 km/s; r = 3.0;
TFC: α = 348°, δ = +75° et α = 131°, δ = +66° (&bêta; > 40° N);
α = 063°, δ = +84° et α = 156°, δ = +64° (&bêta; = 30° à 40° N).
Un essaim très peu observé de l'hémisphère
nord, mais qui a produit au moins deux sursauts d'activité majeurs
dans les soixante dernières années, en 1945 et en
1986. Plusieurs autres augmentations de l'activité de cet essaim
ont également été enregistrées en 1988, 1994
et en 2000. D'autres évènements similaires ont
facilement pu être ratés à cause du mauvais temps
ou du faible nombre d'observateurs actifs. Toutes sortes d'observations
peuvent être utilisées pour cet essaim, car
beaucoup de ces météores sont peu lumineux, mais avec
le peu de travaux menés sur ce courant, il est impossible d'être
précis en faisant des affirmations à son
propos. Par exemple, le maximum radio se déroula en 1996 vers
λ
= 270°8, ce qui suggèrerait un maximum un peu plus tardif,
soit le 22 décembre 2006, à
21h30m TU, tandis
que l’augmentation des taux en 2000 était étonnamment fort
( EZHR
~ 90 ) en vidéo à
λ
= 270°78 ( ce qui équivaut au 22 décembre 2005,
21h
TU ), bien qu’en visuel, l’augmentation d’activité était
moins importante, restant aux environ d’un ZHR d'
~ 30. Le radiant
des Ursides est circumpolaire pour la plupart des sites situés au
nord (tandis que son élévation diminue pour les sites situés
plus au sud), mais il culmine au lever du Soleil, et est plus haut dans
le ciel en fin de nuit. Le pic prévu favorise les sites de l’hémisphère
nord situés entre l’Europe et l'Afrique du nord et les zones situées
plus à l'Est.