De janvier à mars

Le croissant lunaire est favorable pour les Quadrantides début janvier, tandis que la Lune gibbeuse croissante permet quand même de couvrir la période autour du maximum des α-Centaurides, début février. L'activité des deux pics potentiels des δ-Cancrides autour du 11 janvier et celui, plus souvent donné, autour du 17 janvier, seront perdus à cause de la Pleine Lune, ce qui n'est pas le cas des δ-Léonides fin février. Le complexe de l'écliptique diffus des Virginides sera actif à partir de fin janvier, et ce jusqu'à la mi-avril, donnant probablement quelques faibles maxima, très peu observés, en mars ou début avril. La période de fin janvier à début février, très intéressante, n'aura qu'une Lune décroissante qui ne devrait pas réserver trop de difficultés pendant la période d'activité centrale du 20 au 27 janvier. A la mi-mars, les pics possibles des γ-Normides, aux environs du 13 ou 17 mars seront gâchés par la Lune. Les dates approximatives théoriques des maxima des deux essaims diurnes sont : Capricornides/Sagittarides — 1er février, 14h TU; et χ-Capricornides — 13 février, 15h TU. Cependant, des résultats radio récents laisseraient supposer que le max des Capricornides/Sagittarides pourrait tomber quelque part entre le 1er et le 4, tandis que l'activité autour du pic des χ-Capricornides avait tendance à être faible et avec un jour de retard. Ces deux essaims ont des radiants dont la distance au Soleil est inférieure à 10° -15° à l'ouest du Soleil, donc aucun d'entre eux ne peut faire l'objet d'observations à l'oeil nu depuis chaque hémisphère. En plus de ces sources déjà connues, il y a théoriquement possibilité de rencontre avec un tore de poussières laissé par la comète à longue période Tago-Sato-Kosaka (C/1969T) vers 6h20m TU le 2 janvier, uniquement observable depuis l'hémisphère sud. D'après des données publiées par Esko Lyytinen et Peter Jenniskens, le radiant devrait être dans la constellation de la Règle (l'étoile "brillante" la plus proche est β du Compas, mais α du Centaure n'est qu'à  - également), vers la position α = 231°δ = -57° à une longitude héliocentrique de λ = 281°633. L'activité est imprévisible, et l'essaim peut ne pas se manifester, mais la distance entre le tore de poussière et l'orbite terrestre est très faible 0.00028 unités astronomiques à l'intérieur de l'orbite terrestre (à peu près 42000 km). Comme d'habitude dans de tels cas, le radiant théorique ne doit être utilisé qu'en tant qu'estimation grossière, et tous les météores issus de cette source doivent être tracés, ou enregistrés avec des méthodes instrumentales, pour des analyses ultérieures. Même si le radiant est circumpolaire pour des latitudes inférieures à 35° S, il est mieux placé dans le ciel seulement après minuit. Heureusement, il n'y a pas de Lune.

Quadrantides (QUA)

Actif:          1er —5 janvier; Maximum: 3 janvier, 18h20m TU (λ = 283°16);
ZHR =           120 (peut varier ~ 60 —200);
Radiant:        α = 230°δ = +49°; Dérive du radiant: voir Tableau 6 (page 23);
v =      41 km/s; r = 2.1 lors du maximum, mais variable;
TFC:            α = 242°δ = +75° and α = 198°δ = +40° (β > 40° N).
PFC:            avant 0h heure locale α = 150°δ = +70°;
                après 0h heure locale α = 180°δ = +40° et 
                α = 240°δ = +70° (β > 40° N).

L'année commence très bien pour les observateurs de l'hémisphère nord, avec un magnifique retour des Quadrantides, dont le pic devrait avoir lieu vers 18h20m TU dans la nuit du 3/4 janvier. Le Lune était Nouvelle le 31 décembre, et se couchera en milieu de soirée début janvier, n'induisant donc aucune nuisance significative. Le radiant est circumpolaire depuis beaucoup de sites de l'hémisphère nord (situé dans la partie nord du Bouvier), mais il atteint une élévation utile seulement après minuit, avant de monter dans le ciel jusqu'à l'aube. De ce fait, si le pic a lieu à l'heure prévue, les régions situées entre l'est de l'Asie et l'Est des Etats-Unis seront les plus favorisées. Un défi intéressant pour les observateurs de l'hémisphère sud serait de tenter d'apercevoir à l'aube les longs météores occasionnels de cet essaim, mais aucune observation raisonnable ne peut être menée de ces parties du globe.

L'heure du maximum indiquée ci-dessus est basée sur les meilleurs rapports d'observation analysés depuis 1992 par l'IMO, et confirmée par la suite à plusieurs reprises depuis 1996  par les observations radio. Le pic en lui-même est généralement de courte durée et il peut être facilement manqué à cause de quelques heures de mauvais temps hivernal, ce qui peut également expliquer les fluctuations du ZHR d'une année sur l'autre, bien qu'une véritable variabilité est probablement également en cause. Par exemple, le ZHR observé en 1998 ne persista que pendant deux heures maximum. Une complication supplémentaire est ajoutée du fait de la répartition massique des particules à l'intérieur du tore de poussières, ce qui fait que les objets les plus faibles (météores visibles avec des récepteurs radio et des télescopes) qui atteindraient leur maximum d'activité 14 heures avant les météores plus brillants (observables à l'oeil nu ou par la photographie), c'est pourquoi les observateurs devraient rester en éveil pendant toute la durée de l'essaim. Depuis l'an 2000, un maximum radio précédent le maximum à l'oeil nu de 9 —12 heures a été observé, mais il n'a pas été systématique. Des observation à l'oeil nu pour confirmation autour de cet horaire tomberaient à point nommé pour les sites européens, d'Amérique du Nord et de l'Est.

Les observations antérieures suggèreraient que le radiant est très diffus avant et après la maximum, et qu'il se contracte pendant le pic lui-même, même si cela peut
être dû à la faible activité entourant le maximum. Des observations photographiques et vidéo du 1er au 5 janvier seraient les bienvenues par ceux qui utilisent ces
méthodes, en utilisant les PFC et TFC donnés ci-dessus, et parallèlement aux résultats obtenus avec les observations télescopiques et les tracés à l'oeil nu de météores.

α-Centaurides (ACE)

Actif:          28 janvier —21 février; Maximum: 8 février, 5h TU (λ = 319°2);
ZHR =           variable, généralement ~ 6, mais pouvant atteindre 25+;
Radiant:        α = 210°δ = -59°; Dérive du radiant: voir Tableau 6 (page 23);
v =      56 km/s; r = 2.0.

En théorie, les  α-Centaurides sont l’un des rendez-vous les plus importants de l’hémisphère sud du début de l'année, de nombreux objets très brillants, voire de bolides ( météores de magnitude inférieure à -3) ayant été enregistrés en provenance de cet essaim, souvent avec de belles traînées persistantes. Leur ZHR lors du maximum a longtemps été estimé à environ 5 —10 , mais ces dernières années, il a été revu à la baisse. Cependant,  en 1974 et en 1980, des sursauts d’activité ont donné des taux de 20 —30 pendant quelques heures. Comme pour beaucoup d'essaims de l'hémisphère sud, nous nous posons plus de questions que nous n'avons de réponses, c'est pourquoi nous n'avons aucun moyen de dire quand, ou même si un nouveau sursaut d'activité peut de nouveau survenir. C'est pourquoi les observateurs vidéo, photographiques et à l'oeil nu doivent rester en alerte et profiter de toute opportunité d'observation. Le radiant est quasiment circumpolaire pour la plupart des sites peuplés au sud de l'équateur, et il atteint une élévation utile à partir de la fin de soirée. Le coucher de la Lune gibbeuse a lieu vers minuit-1h, heure locale, offrant de meilleures chances de surveiller l'essaim, si les cieux le permettent.

δ-Léonides (DLE)

Actif:          15 février —10 mars; Maximum: 24 février (λ = 336°); ZHR = 2;
Radiant:        α = 168°δ = +16°; Dérive du radiant: voir Tableau 6 (page 23);
v =      23 km/s; r = 3.0;
TFC:            α = 140°δ = +37° and α = 151°δ = +22° (β > 10° N);
                α = 140°δ = -10° and α = 160°δ = 00° (β < 10° N).

Cet essaim mineur fait probablement partie de l'activité des Virginides. Les taux sont généralement bas, et les météores peu lumineux, c'est pourquoi cet
essaim est plutôt adapté aux observations télescopiques. Les observateurs à l'?il nu devront réaliser des tracés très précis des météores pour pouvoir les distinguer des Virginides, très proches, et des sporadiques. Les sites de l'hémisphère nord ont un avantage pour surveiller cet essaim, même si ceux de l'hémisphère sud devraient également en tenir compte, car ils sont mieux placés pour noter les nombreux autres radiants des Virginides.La nuit du maximum, le croissant de Lune ne se lève qu'à l'aube, ou juste avant, pour la plupart des sites de l'hémisphère Nord. Par contre, elle se lèvera environ une demi-heure autour de 1h, heure locale pour la plupart des sites des latitudes moyennes de l'hémisphère Sud. Dans tous les cas, elle n,e devrait pas être une gêne trop sérieuse. Le radiant des δ-Léonides est bien visible pendant quasiment toute la nuit.