D'avril à juin
L'activité météorique est maximale à la limite
entre les mois avril et mai, avec les pics de l'essaim desπ-Puppides
fin avril, puis les &êta;-Aquarides début
mai, tous deux aisément observables sans la Lune. A partir de fin
mai, puis tout-au-long du mois de juin, la plupart de l'activité
météorique a lieu en plein jour, avec six maxima d'essaims
prévus pour cette période. Même si quelques o-Cétides
and Ariétides ontété enregistrées depuis des
sites tropicaux ou de l'hémisphère Sud ces dernières
années, des ZHRs ne peuvent pas être raisonnablement calculés
à partir de telles observations. Pour les observateurs radio, les
pics théoriques de ces essaims diurnes en TU sont les suivants :
pour les Piscides d'avril — 20 avril, 15h; pour les δ-Piscides
— 24 avril, 15h; pour les ε-Ariétides
— 9 mai, 13h; pour les Ariétides de mai — 16
mai, 14h; pour les o-Cétides — 20 mai, 13h;
pour les Ariétides — 7 juin, 16h; pour les &zêta;-
Perséides — 9 juin, 16h; pour les &bêta;-Taurides
— 28 juin, 15h. Des signes d'activité de la plupart
de ces essaims ont été retrouvées dans les données
radio de 1994 à 2004, bien que certains
soient difficiles à définir individuellement à cause
de la proximité de ces radiants avec d'autres, tandis que les maxima
des Ariétides et les &zêta;-Perséides
ont tendance à se mêler, se signalant par une forte signature
radio pendant quelques jours début juin. Il y a également
des indices selon lesquels ces deux maxima auraient actuellement lieu jusqu'à
une journée plus tard que les horaires indiqués ici. Les
complexes liés à l'écliptique continuent d'être
actifs avec des Virginides tardives jusqu'à mi-avril, après
quoi les Sagittarides prennent le relais, avec leurs pics probables en
mai —juin. Quant aux observateurs de l'hémisphère Nord, la
surveillance des Lyrides de juin devrait n'être possible qu'avec
la présence de la Lune, tandis que la Nouvelle Lune favorise la
chasse aux Bootides de juin aux alentours de leur pic prévu.
Lyrides (LYR)
Actif: du 16 au25 avril; Maximum: 22 avril, 16h30m TU (λ = 32°32, mais peut être variable — voir texte);
ZHR = 18 (peut varier, jusqu'à atteindre 90);
Radiant: α = 271°, δ = +34°; Dérive du radiant: voir Tableau 6 (page 23);
v∞ = 49 km/s; r = 2.9;
TFC: α = 262°, δ = +16° and α = 282°, δ = +19° (β > 10° S).
Audrius Dubietis et Rainer Arlt ont publié en 2001 les résultats
d'une étude détaillée sur les Lyrides réalisée
à partir des résultats réalisés par l'IMO entre 1988
—2000, et qui est l'étude la plus détaillée
réalisée sur cet essaim de ces derniers temps. De nouvelles
caractéristiques ont été affinées, la plus
importante d'entre elles étant la redéfinition de l'heure
du maximum qui varierait d'une année sur l'autre entre une longitude
héliocentrique pouvant aller de λ = 32°0
à 32°45 (ce qui correspond au 22 avril , entre 8h40m
et 19h00m TU), le maximum semblant idéalement avoir
lieu à la longitude héliocentrique de 32°32.
Bien que le ZHR moyen lors du maximum soit de 18 au cours des trente dernières
années, les ZHRs actuels sont variables, et dépendent du
moment où se déroule le maximum. Un pic au bon moment produira
les ZHRs les plus élevés, d'environ 23,
tandis que plus la date du maximum s'éloigne de cette date idéale,
plus les ZHRs diminuent, pour descendre jusqu'aux environs de 14.
(Le dernier grand maximum eut lieu en dehors de la période étudiée,
en 1982, au-dessus des Etats-Unis, et un ZHR très court de 90 a
été enregistré). Et alors qu'on pensait alors que
le pic de cet essaim était court et assez important, ces travaux
récents révélèrent que sa durée est
en fait également variable. Ceci peut-être estimé en
mesurant la durée pendant laquelle les ZHRs sont au-dessus de la
moitié de la valeur maximale, la largeur à mi-hauteur (FWHM
: Full- Width-Half-Maximum). Cette dernière a varié de 14.8
h en 1993 à 61.7 h en 2000, avec une valeur moyenne de 32.1h. Néanmoins,
les taux les plus importants ne sont atteints que pendant quelques heures.
Une autre caractéristique découverte, confirmant les données
réalisées plus tôt au XXème siècle, est
que, lorsque les taux sont les plus importants, une augmentation de très
courte durée du nombre de Lyrides de plus faible luminosité
est observée. Dans tous les cas, l'imprévisibilité
de l'essaim des Lyrides vaut la peine qu'on les observe, car on ne peut
pas prédire quand le prochain sursaut d'activité peut avoir
lieu.
Les Lyrides sont observées plus facilement depuis l'hémisphère
Nord, mais elles sont également visibles depuis beaucoup de sites
situés au nord et au sud de
l'équateur, et peuvent être surveillées par tous
les moyens d'observation. Comme le radiant de l'essaim s'élève
pendant la nuit, les observations peuvent être réalisées
à partir de 22h30m environ, heure locale.Le croissant
lunaire se lève à l'aube, aux environs de 2h30m
—3h30m, heure locale le 22 avril pour les sites de l'hémisphère
nord, laissant des cieux bien noirs pendant toutes les heures précédentes.
Pour les latitudes moyennes de l'hémisphère sud, la Lune
se lève plus tôt, entre minuit et 1h, mais permet cependant
des sessions d'observation utiles. Si l'heure du maximum idéal est
vérifiée cette année, alors il devrait être
mieux visibles des sites d'Asie centrale jusqu'en Orient et en Australie,
mais d'autres heures de maxima sont possibles, comme il l'a été
spécifié ci-dessus.
π-Puppides (PPU)
Actif: du 15 au28 avril; Maximum: 23 avril, 21h30m TU (λ = 33°5);
ZHR = périodique, peut monter jusqu'à environ 40;
Radiant: α = 110°, δ = -45°; Dérive du radiant: voir Tableau 6 (page 23);
v∞ = 18 km/s; r = 2.0;
TFC: α = 135°, δ = -55° and α = 105°, δ = -25° (β < 20° N).
C'est un jeune courant produit par la comète périodique 26P/Grigg-Skjellerup,
et dont l'activité n'a été détectée
que depuis 1972. Des maxima notables >de très courte durée de 40 météores par
heure eurent lieu en 1977 et 1982, ces deux années correspondant
au passage au périhélie de la comète à l'origine
de l'essaim, mais avant 1982, seule une faible activité avait été
observée. En 1983, un ZHR de 13 a été enregistré,
suggérant peut-être que les particules de matière
avaient commencé à se disperser le long de l'orbite de
la comète, ainsi que le rpévoit la théorie. La comète
Grigg-Skjellerup est repassée au périhélie fin
2002, mais aucune activité significative n'a été
observée en avril 2003. Le prochain passage au périhélie
de la comète sera en 2008, donc une activité semble peu probable
cette année. Cependant, il est vital de surveiller l'activité
de l'essaim dans le futur, car il est généralement inégalement
observé, et des maxima de très courte durée ont pu
être manqués par le passé.
Les π-Puppids sont plus facilement visibles depuis
l'hémisphère sud, où des observations utiles pourront
être réalisées avant minuit heure locale, car le radiant
est ensuite très bas jusqu'à son coucher après 1h
heure locale. Le 23 avril, le croissant lunaire se lève bien après
cet horaire pour ces sites d'observation, ce qui donne des conditions idéales
d'observation. Les sites les mieux placés sont vraisemblablement
ceux situés au Sud de l'Afrique, si l'heure du maximum prévu
se révèle correcte. Jusqu'ici, des données provenant
d'observations à l'?il nu et radio ont été collectées
sur l'essaim mais la nature lente et brillante de ces météores
en font des sujets idéaux en photographie. Aucune donnée
télescopique ou vidéo n'a encore été rapportée
en détail.
&êta;-Aquarides (ETA)
Actif: du 19 avril au 28 mai; Maximum: 6 mai, 6h TU (λ = 45°5);
ZHR = 60 (périodiquement variable, ~ 40 —85);
Radiant: α = 338°, δ = -01°; Dérive du radiant: voir Tableau 6 (page 23);
v∞ = 66 km/s; r = 2.4;
TFC: α = 319°, δ = +10° and α = 321°, δ = -23° (β < 20° S).
C’est un bel et riche essaim associé à la comète
1P/Halley, comme les Orionides en octobre, mais il n’est observable que
quelques heures avant l’aube, et surtout depuis les sites tropicaux et
de l’hémisphère sud. Cependant, des résultats utilisables
sont quand même parvenus depuis des sites de latitude proche de 40°N
ces dernières années, et quelques météores
ont même été observés encore plus au nord, mais
une plus grande activité des observateurs serait bénéfique
à cet essaim. Les météores rapides et souvent brillants
valent le coup d’attendre le lever du radiant, et beaucoup d’entre eux
laissent derrière eux des traînées persistantes brillantes.
Pendant que le radiant est bas sur l’horizon, les η-Aquarides
tendent à avoir de très longues trajectoires, ce qui peut
amener les observateurs à sous-estimer la vitesse angulaire des
météores, donc il faut faire très attention lorsque
l'on fait de tels rapports d’observation.
Un maximum plutôt étalé, parfois avec un nombre
variable de submaxima, a généralement lieu début mai.
Des nouvelles analyses de l’IMO ces dernières années, basées
sur les données collectées entre 1984 et 2001,
ont montré que les ZHRs sont la plupart du temps supérieurs
à 30 entre le 3 et le10 mai, et que
les taux lors du pic semblent varier sur une période d’environ 12
années. Les prochains plus forts taux devraient tomber vers 2008-2010,
si l’influence jovienne est confirmée. Les ZHRs observés
à l’?il nu devraient donc tourner aux alentours de 50-60
en 2006, selon cette hypothèse. Dans tous les cas, la Lune gibbeuse
se sera couchée depuis longtemps pour les observateurs de l'hémisphère
sud lorsque le radiant sera bien visible dans la nuit du 5
au 6 mai. Toutes les formes d’observations peuvent être
utilisées pour étudier cet essaim, les travaux radio permettant
de suivre l’activité même depuis des sites situés aux
hautes latitudes nord pendant la matinée. Le radiant culmine à 8h
heure locale.
Lyrides de juin (JLY)
Actif: du 11 au21 juin; Maximum: 16 juin (λ = 85°); ZHR = variable, 0 —5;
Radiant: α = 278°, δ = +35°;
Dérive du radiant: 10 juin α = 273°, δ = +35°,
15 juin α = 277°, δ = +35°,
20 juin α = 281°, δ = +35°;
v∞ = 31 km/s; r = 3.0.
Ce possible source d'activité ne figure pas dans la liste des essaims
météoriques visibles de l'IMO car à part une activité
observée depuis l'hémisphère nord pendant les années
60 (remarquée pour la première fois en 1966) et les années
70, les preuves de son existence ont été quasiment inexistantes
depuis. En 1996, plusieurs observateurs ont indépendamment rapporté
des Lyrides de juin bien qu'aucune activité n'ait été
ensuite retrouvée par la suite. Le maximum prévu en 2006
se déroulera avec une Lune gibbeuse qui se lève une demi-heure
environ avant minuit (heure locale), et nous encourageons tous les observateurs
qui le peuvent à couvrir ce courant possible dans les cieux noirs
avant le lever de la Lune. Le radiant situé quelques degrés
au sud de l'étoile brillante Véga (alpha de la Lyre) et sera
donc bien visible tout au long des courtes nuits d'été au
nord, mais il y a des divergences sur sa position dans la littérature.
Toutes les trajectoires des Lyrides de juin potentielles devront être
tracées avec précision, en portant une attention particulière
à la vitesse angulaire apparente des météores. Une
confirmation ou une infirmation d'une activité de cette source par
la photographie ou la vidéo serait très utile également.
Bootides de juin (JBO)
Actif: du 26 juin au 2 juillet; Maximum: 27 juin, 14h00m TU (λ = 95°7);
ZHR = variable, 0 —100+;
Radiant: α = 224°, δ = +47°; Dérive du radiant: voir Tableau 6 (page 23);
v∞ = 14 km/s; r = 2.2;
TFC: α = 156°, δ = +64° and α = 289°, δ = +67° (β = 25° —60° N).
A la suite du sursaut d'activité inattendu de cet essaim en 1998,
lorsque des ZHRs de 50 à 100, voire plus, ont été
visibles pendant plus d'une demi-journée, cette source a été
réintroduite dans la liste des essaims actifs visibles de l'IMO.
Un sursaut d'activité plus récent et de durée similaire,
mais avec des ZHRs compris entre ~ 20 et 50
a été observé le 23 juin 2004, avant même qu'une
activité bien définie ait été enregistrée.
Nous encourageons tous les observateurs à surveiller régulièrement
la période d'activité en cas de sursauts d'activité.
Avant 1998, seuls trois sursauts bien déterminés de cet essaim
avaient été enregistrés en 1916, 1921 et 1927, mais
il n'y avait ensuite eu aucun rapport significatif entre 1928
et 1997, donc il semble que les particules n'ont plus rencontré
la Terre. La dynamique de ce courant est encore mal connue, bien que des
nouveaux modèles théoriques aient tenté de résoudre
le problème. L'orbite de la comète à l'origine de
l'essaim, 7P/Pons-Winnecke, passe maintenant 0.24 UA à l'extérieur
de l'orbite terrestre lors de sa plus grande approche. C'est pourquoi les
sursauts d'activité de 1998 et 2004 résultent probablement
de particules laissées bien plus tôt par la comète,
et qui se situent maintenant sur des orbites différentes de celle
actuelle de la comète. Ces deux sursauts auraient en fait été
causés par du matériel contenu dans les tores de poussières
libérées par la comète lors de différents passages
au périhélie au 19ème siècle. Il n'y a aucune
véritable raison pour qu'on observe une activité en 2006,
mais la Nouvelle Lune du 25 juin signifie que si quelque chose se passe
pendant la période d'activité possible de l'essaim, les conditions
d'observation devraient être idéales. Pour les sites des latitudes
moyennes de l'hémisphère Nord, le radiant atteint une élévation
utile pendant la majeure partie des courtes nuits d'été,
donc restez sur le qui-vive!