La chasse aux Draconides devrait être rendue potentiellement praticable en ce début octobre. Malheureusement, il n’en va pas de même avec les petites ε-Géminides (maximum prévu le 18 octobre) et l’essaim actif des Orionides (pic principal attendu pour le 21 octobre), qui sont tous les deux perdus à cause de la Lune gibbeuse décroissante. Comme la Lune continue de se déplacer dans le ciel, les observations des Taurides devraient être largement libérées de ce facteur gênant de fin octobre à mi-novembre. Ensuite, les Léonides subiront une Pleine Lune pendant le maximum prévu vers 14h30m le 17 novembre. Quant aux α-Monocérotides, si elles sont largement gâchées par la Lune, l’essaim est mis en lumière cette année, car c’est le dixième anniversaire de son dernier sursaut d’activité. Les essaims d’activité mineure du début décembre sont à peu près libérés de la présence nuisible de la Lune jusqu’aux σ-Hydrides, mais cela signifie également que les Géminides (maximum dans un intervalle de 2h20m autour de 4h30m TU le 14 décembre) et les Coma Bérénicides (pic aux alentours du 19 décembre) sont tous deux noyées dans la lumière sélène. Il devrait cependant rester quelques chose des Ursides qui pourrait être observé dans un ciel sans Lune.
Actif : du 6 au 10 octobre;
Maximum : le 8 octobre, à 16h TU (sol = 195.195°, mais lire ci-dessous);
ZHR = périodique, pouvant atteindre des niveaux de tempête;
Radiant : alpha = 262°, delta = +54°;
Dérive du radiant : négligeable;
V = 20 km/s;
r = 2.6;
TFC : alpha = 290°, delta = +65° et
alpha = 288°, delta = +39° (bêta > 30° N).
Figure 11 - Position du radiant des Draconides.
Les Draconides sont avant tout un essaim périodique qui a donné des tempêtes de météores courtes et spectaculaires à deux reprises au cours du siècle dernier, en 1933 et 1946, et des taux plus faibles quelques autres années (ZHRs de 20 à 500, voire plus), le dernier en date ayant eu lieu en 1998 (lorsque les EZHRs ont brièvement atteint 700). La plupart des pluies enregistrées l'ont été les années où la comète à l'origine de l'essaim, 21P/Giacobini-Zinner, passait au périhélie, comme ce fut le cas en novembre 1998. Le prochain retour de la comète a lieu en juillet de cette année, mais on ne sait pas clairement si cela va affecter les Draconides que l’on va observer en 2005. Des discussions théoriques ont jusqu’à présent suggéré qu’un tel sursaut d’activité était peu probable, mais les modèles ne sont pas toujours fidèlement représentatifs de la réalité! Le sursaut d'activité de 1998 survint à une longitude héliocentrique de 195.07°, correspondant au 8 octobre 2005, à 8h15m TU, bien que l'horaire pour lequel la Terre passe au point nodal de l'orbite de la comète pourrait être plus efficacement utilisé. En 1999, un sursaut mineur inattendu observé en radio (ZHRs de 10-20) est apparu entre les longitudes héliocentriques 195.63° et 195.76° au-dessus du Far-East. Un sursaut au même endroit fixerait la date du maximum au 8 octobre 2005, à 0h50m TU. Le radiant est circumpolaire depuis beaucoup de sites de l'hémisphère nord, mais il est plus élevé avant minuit et avant l'aube début octobre. La Lune croissante s’y couche en milieu de soirée les 8-9 octobre, donc une grande partie de la nuit devrait être offrir des cieux profonds pour l’observation, quoique l’essaim nous réserve – et même si rien ne se passe. Les Draconides sont exceptionnellement lentes, ce qui est caractéristique et aide à différencier les véritables Draconides de sporadiques qui pourraient accidentellement sembler provenir du radiant.
Actif : du 1er octobre au 25 novembre;
Maximum : le 5 novembre (sol = 223°);
ZHR = 5;
Radiant : alpha = 052°, delta = +13°;
Dérive du radiant : voir Tableau 6;
V = 27 km/s;
r = 2.3;
TFC : Choisissez des champs situés sur l'écliptique et éloignés d'environ 10°
E ou W des radiants (bêta > 40° S).
Actif : du 1er octobre au 25 novembre;
Maximum : le 12 novembre (sol = 223°);
ZHR = 5;
Radiant : alpha = 058°, delta = +22°;
Dérive du radiant : voir Tableau 6;
V = 29 km/s;
r = 2.3;
TFC :idem que les Taurides sud.
Ces deux courants font partie du complexe associé à la comète 2P/Encke. Il est plus facile de bien définir leurs radiants par des tracés minutieux des trajectoires des météores à l'œil nu ou au télescope, ou par des travaux vidéo et photographiques, car ils sont étendus et diffus. Il sont actuellement étudiés par Mihaela Triglav qui utilise les données de l'IMO. La brillance et la lenteur relative de beaucoup de Taurides en font des cibles de choix pour les photographes, tandis que ces caractéristiques, combinées aux taux à la fois faibles, stables et combinés des Taurides en font d'excellentes cibles pour les débutants pour utiliser la méthode de tracés de trajectoires de météores. L'activité des deux courants produit un maximum apparemment stable pendant à peu près dix jours début novembre, et les essaims ont la réputation de produire parfois de magnifiques bolides brillants, bien qu'apparemment certaines années en soient dépourvues.
David Asher a expliqué que l'augmentation des taux de Taurides bolides peut résulter d'une concentration de particules plus larges à l'intérieur même du courant des Taurides, et il a supposé que les retours de ces parties plus concentrées auraient pu avoir lieu en 1995 et 1998 ces derniers temps. En 1995, une série impressionnante de Taurides brillantes eut lieu de fin octobre à début novembre, tandis qu'en 1998 les ZHRs les Taurides ont atteint des taux comparables aux maxima habituels à la fin octobre, simultanément à une augmentation du flux de Taurides généralement plus brillantes. Cette année nous apporte le nouvelle traversée potentielle de ces zones denses de poussières. Il est donc important d’observer ce qui se passe avec les Taurides à partir du Dernier Quartier de Lune d’octobre et pendant le maximum des Taurides nord en novembre, surtout que la Nouvelle Lune de début novembre favorise grandement cette période d’activité.
La proximité de l'écliptique des deux radiants de ces essaims signifie que tous les amateurs de météores peuvent observer ces courants. Les observateurs de l'hémisphère nord sont tout de même un peu mieux placés, car le radiant y est assez proche du zénith pendant une grande partie des nuits d'automne. Cependant, même dans l'hémisphère sud, des sessions de 3 à 5 heures de long avec un Taureau bien au-dessus de l’horizon sont également possibles.
Figure 12 - Position des radiants des Taurides nord et sud.
Actif : du 15 au 25 novembre;
Maximum : le 21 novembre, à 15h00m TU (sol = 239.239°);
ZHR = variable, habituellement d'environ 5 mais il peut produire des
sursauts d'activité d'environ 400 voire plus;
Radiant : alpha = 117°, delta = +1°;
Dérive du radiant : voir tableau 6;
V = 65 km/s;
r = 2.4;
TFC : alpha = 115°, delta = +23° et
alpha = 129°, delta = +20° (bêta > 20° N); ou
alpha = 110°, delta = -27° et
alpha = 98°, delta = +06° (bêta < 20° N);
Un autre essaim de la fin de l'année capable de réserver des surprises, les α-Monocérotides ont donné leur dernier sursaut d'activité en 1995 (le EZHR maximum, d'environ 420, n’a duré que 5 minutes, le sursaut total environ 30 minutes). Beaucoup d'observateurs à travers l'Europe l'ont observé et nous avons ainsi été capables de remettre entièrement à jour les caractéristiques de cet essaim. C’est donc seulement cette année (ou les futurs retours décennaux) qui pourra ou non confirmer la réalité de cette périodicité de dix ans – avec des relances d’acitvité en 1925, 1935, 1985 et 1995, donc tous les observateurs devraient continuellement surveiller de près cette source.
La Lune gibbeuse décroissante du 21 novembre est cependant une très mauvaise nouvelle, car elle se lèvera en milieu ou en fin de soirée un peu partout dans le monde, ruinant toutes chances d’avoir un ciel profondément sombre pour les observateurs, le radiant étant bien placé seulement après 23h, heure locale, depuis les deux hémisphères. L’heure du pis attendu favorise surtout les sites autour et à l’est de l’Océan Pacifique, incluant l’est de la Chine, l’extrême est de la Russie, le Japon, l’Océanie, et l’Alaska en Amérique du Nord. Ce problème lié à la Lune rendra difficile toutes les observations réalisées à l’œil nu, mais, très important, elle ne gênera pas d’autres méthodes d’observation, surtout les techniques radio, qui devraient pouvoir enregistrer tout fort sursaut d’activité en provenance de cette source.
Actif : du 26 novembre au 15 décembre;
Maximum : le 2 décembre (sol = 250°);
ZHR = 3;
Radiant : alpha = 082°, delta = +23°;
Dérive du radiant : voir tableau 6;
V = 28 km/s;
r = 3.0;
TFC : alpha = 083°, delta = +09° et
alpha = 080°, delta = +24° (bêta > 30° S)
Figure 13 - Position des radiants des Géminides, χ-Orionides, Monocérotides et σ-Hydrides.
Un petit essaim à l’œil nu, mais modérément actif au télescope. Quelques météores plus brillants ont également déjà été photographié. L’essaim a au moins un radiant double, mais la branche la plus au sud a été rarement détectée. Les font-family:Symbol'>c-Orionides pourraient être la continuité du complexe lié à l’écliptique, après que les Taurides aient cessé d’être actives fin novembre.
Le radiant indiqué ci-dessus est un radiant combiné, utilisable pour des travaux à l’œil nu, tandis que les observations radio ou vidéo devraient être plus à même de préciser la structure exacte du radiant. Il est en bonne position depuis les deux hémisphères tout au long de la nuit, et la Nouvelle Lune du 1er décembre rend cette année les conditions parfaites pour l’observation de cet essaim.
Actif : du 28 novembre au 9 décembre;
Maximum : le 6 décembre, à 8h45m TU (sol = 254.245°);
ZHR = variable, généralement de 3 ou moins, peut atteindre 100;
Radiant : alpha = 018°, delta = - 53°;
Dérive du radiant : voir tableau 6;
V = 18 km/s;
r = 2.8;
TFC : alpha = 040°, delta = -39° et
alpha = 065°, delta = -62° (bêta < 10° N)
Seul un sursaut d'activité impressionnant de la part de cet essaim a été détecté jusqu’ici, c’est celui celui de sa découverte en 1956, lorEsque le ZHR était alors probablement d’environ 100, avec peut-être plusieurs pics répartis sur quelques heures. Trois autres sursauts possibles de plus faible activité ont également été rapportés, mais jamais par plus d'un seul observateur, et dans des circonstances incertaines. Des données fiables de l'IMO montrent que l'activité récente de cet essaim a été quasiment inexistante. Cependant, c'est peut-être un essaim périodique, et plus d'observations, utilisant toutes les méthodes, sont nécessaires. Les conditions d’observation offertes par la Lune pour les observateurs de l’hémisphère sud sont assez bonnes, car la Lune croissante se couchera une demi-heure avant ou après minuit pour les sites des latitudes sud moyennes le 6 décembre, tandis que le radiant culmine au crépuscule, restant visible une grande partie de la nuit.
Actif : du 1er au 15 décembre;
Maximum : aux environs du 7 décembre (sol ~ 255°);
ZHR = environ 10;
Radiant : alpha = 123°, delta = -45°;
Dérive du radiant : voir Tableau 6;
V = 40 km/s;
r = 2.9;
TFC : alpha = de 090° à 150°, delta = de - 20° à - 60°;
choisissez des paires de champs de vision séparées d'environ 30° en
α, se déplaçant vers l'est au fur et à mesure que l'essaim
progresse (bêta < 10° N).
C'est un système très complexe d'essaims peu étudiés, principalement visibles par ceux situés au sud de l'équateur. Jusqu'à une dizaine de courants secondaires ont été identifiés, dont les radiants sont tellement amassés qu'ils ne peuvent être complètement distingués à l'œil nu. Des travaux photographiques, vidéo ou télescopiques devrait donc être plus réalistes, ou alors des tracés extrêmement minutieux de météores observés à l'œil nu.
L'activité est tellement méconnue que nous ne pouvons raisonnablement qu'être sûrs que les taux les plus élevés ont lieu de début à mi-décembre, ce qui coïncide avec une Lune croissante cette année. Certains de ces essaims pourraient être observables de fin octobre à fin janvier. La plupart des Puppides-Vélides sont assez faibles, mais des bolides brillants occasionnels, surtout aux environs du maximum supposé ci-dessus, ont déjà été rapportés. La région des radiants est bien placée toute la nuit, mais est plus haute vers le crépuscule.
Actif : du 27 novembre au 17 décembre;
Maximum : le 9 décembre (sol = 257°);
ZHR = 3
Radiant : alpha = 100°, delta = +8°;
Dérive du radiant : voir tableau 6;
V = 42 km/s;
r = 3.0;
TFC : alpha = 088°, delta = +20° et
alpha = 135°, delta = +48° (bêta > 40° N); ou
alpha = 120°, delta = - 03° et
alpha = 084°, delta = +10° (bêta < 40° N);
Seuls de faibles taux visibles sont à l'œil nu en provenance de cette source mineure sont envisageables, rendant indispensables des tracés des trajectoires précis, ainsi que des travaux télescopiques et vidéo car les météores sont généralement faibles. Les caractéristiques de l'essaim, incluant même la position de son radiant, sont assez incertaines. Des données récentes de l'IMO n'indiquent que de maigres signes d'un maximum, indiqué ci-dessus. Des résultats d'observations télescopiques suggèrent un maximum plus tardif, aux alentours du 15-16 décembre (longitude héliocentrique d'environ 264°) avec un radiant de coordonnées alpha = 117°, delta = +20°. Cette année assez bonne pour observer, car le croissant lunaire se couche entre minuit et 1h heure locale pour tous les observateurs le 9 décembre, tandis que le radiant est bien visible quasiment toute la nuit, culminant vers 1h 30m heure locale.
Actif : du 3 au 15 décembre;
Maximum : le 12 décembre (sol = 260°);
ZHR = 2;
Radiant : alpha = 127°, delta = +02°;
Dérive du radiant : voir tableau 6;
V = 58 km/s;
r = 3.0;
TFC : alpha = 095°, delta = 00° et alpha = 160°, delta = 00°
(pour tous les sites, seulement après minuit).
Bien qu'il fut détecté pour la première fois dans les années 60 grâce à la photographie, les sigma-Hydrides sont généralement rapides, peu lumineuses et les taux sont généralement très faibles, à la limite de détection à l'œil nu. Le radiant, à peu près 10° au-dessus de l'étoile Procyon (alpha Canis Minor), étant situé près de l'équateur, tous les observateurs peuvent surveiller cet essaim. Le radiant se lève dans les dernières heures du soir, mais il est visible dans de meilleures conditions après minuit (heure locale). Même si le pic prévu a lieu trois jours seulement après la Pleine Lune, il devrait subsister des plages d’observations avec un ciel sombre après le coucher de la Lune et avant l’aube, surtout pour les sites situés au nord de l’équateur, dont les observateurs devraient profiter. Des données récentes indiqueraient que le maximum pourrait avoir lieu jusqu'à six jours après cette date, ce qui donnerait des conditions lunaires bien plus favorables. Des tracés de trajectoires de météores à l'œil nu, des travaux télescopiques ou vidéo seront utiles pour pouvoir fixer plus précisément les caractéristiques de l'essaim.
Actif : du 17 au 26 décembre;
Maximum : le 22 décembre, à 13 h TU (sol.long. = 270.270°);
ZHR = 10 (occasionnellement jusqu'Ã 50)
Radiant : alpha = 217°, delta = +76°;
Dérive du radiant: voir Tableau 6;
V = 33 km/s;
r = 3.0;
TFC : alpha = 348°, delta = +75° et
alpha = 131°, delta = +66° (beta > 40° N);
alpha = 063°, delta = +84° et
alpha = 156°, delta = +64° (>b 30° to 40° N);
Un essaim très peu observé de l'hémisphère nord, mais il qui a produit au moins deux sursauts d'activité majeurs dans les soixante dernières années, en 1945 et en 1986. Plusieurs autres augmentations de l'activité de cet essaim ont également été enregistrées en 1988, 1994 et en 2000. D'autres évènements similaires ont facilement pu être ratés à cause du mauvais temps ou du faible nombre d'observateurs actifs. Toutes sortes d'observations peuvent être utilisées pour cet essaim, car beaucoup de ces météores sont peu lumineux, mais avec le peu de travaux menés sur ce courant, il est impossible d'être précis en faisant des affirmations à son propos.
Par exemple, le maximum radio se déroula en 1996 à sol = 270.8°, ce qui suggèrerait un maximum un peu plus tardif, soit le 22 décembre 2005, à 15h20m TU, tandis que l’augmentation des taux en 2000 était étonnamment fort (EZHR~90) en vidéo à sol = 270°78 (ce qui équivaut au 22 décembre 2005, 15h TU), bien qu’en visuel, l’augmentation d’activité était moins importante, restant aux environ d’un ZHR de 30. Le radiant des Ursides est circumpolaire pour la plupart des sites situés au nord (tandis que son élévation diminue pour les sites situés plus au sud), mais il culmine au lever du Soleil, et est plus haut dans le ciel en fin de nuit. Le pic prévu favorise les sites de l’hémisphère nord situés entre l’Asie centrale à l’est jusqu’à l’Amérique du nord en passant par l’Océan Pacifique.
Figure 15 - Position et dérive du radiant des Ursides