De janvier à mars

Le Dernier quartier de Lune gâche les Quadrantides dans l’hémisphère nord, car il sera bien au-dessus de l’horizon après minuit, exactement comme le radiant des Quadrantides (dont le maximum est prévu vers 12h20m TU le 3 janvier), mais les α-Centaurides de l’hémisphère sud se dérouleront idéalement pendant la Nouvelle Lune. L’essaim mineur des δ-Cancrides sera à peu près épargné par la Lune, mais ce n’est pas le cas des δ-Léonides, dont le pic coincide avec la Pleine Lune le 24 février! L’essaim diffus des Virginides, lié à l’écliptique, commencera à être actif fin janvier, et ce jusqu’à la mi-avril, produisant probablement plusieurs maxima de faible activité et peu observés en mars ou début avril. La courte, mais intéressante, période s’étendant fin janvier et début février (pendant laquelle l’activité de plusieurs nouveaux essaims de météores rapides de la région du Lion, de la Chevelure de Bérénice et de la Vierge a été suggérée ces dernières années), est largement victime de la lumière sélène, surtout la période, qui semble être celle d’activité maximale, du 20-27 janvier. La mi-mars apporte elle des cieux profondément sombres salvateurs pour surveiller les taux d’activité des γ-Normides depuis l’hémisphère sud. Les horaires approximatifs théoriques pour les maxima des essaims diurnes de ce trimestre sont: 1er janvier, 8h TU pour les Capricornides/Sagittarides; 13 février, 9h TU pour les χ-Capricornides. Cependant, des résultats radio récents laissent supposer que le maximum des Capricornides/Sagittarides pourrait tomber à un moment entre le 1er et le 4 février, tandis que l’activité maximale des χ-Capricornides a eu quant à lui tendance à être insignifiant et à avoir lieu avec un jour de retard. Ces radiants de ces deux essaims sont situés à moins de 10 à 15° à l’ouest du Soleil pendant le maximum, et ne peuvent donc être considérés comme des sources pour l’observation à l’œil nu depuis l’hémisphère sud.


δ-Cancrides

Actif                 : du 1er au 24 janvier;
Maximum : le 17 janvier (sol = 297°);
ZHR = 4;
Radiant : alpha = 130°, delta = +20°;
Dérive du radiant : voir Tableau 6;
V = 28 km /s;
r = 3.0;
TFC : alpha = 115°, delta = +24° et
alpha = 140°, delta = +35° (bêta >40° N);
alpha = 120°, delta = -03° et
alpha = 140°, delta = -03° (bêta < 40° N).

Cet essaim d’activité mineure, dont les météores sont majoritairement faibles, est particulièrement destiné aux observations télescopiques, car son radiant, vraisemblablement composé de plusieurs sources secondaires, est large, complexe et diffus. Les observateurs à l'œil nu devraient prendre en compte un radiant d'environ 20° de large en ascension droite et 10° de large en déclinaison autour de la position donnée ci-dessus. Ce type de radiant large et peu dense ressemble à celui des Virginides, et les delta-Cancrides sont probablement une partie précédant l'activité des Virginides. Des observations récentes ont suggéré que le maximum pourrait survenir à une longitude héliocentrique proche de 291° (11 janvier 2005), bien que les ZHRs ne s'élèvent alors qu'à 3-4. La Nouvelle Lune le 10 janvier et le Premier Quartier le 17 (qui se couche aux environs, ou juste après, du minuit local), signifie que les deux dates potentielles des pics seront épargnées par la Lune, c’est pourquoi il faudrait que des sessions d’observations soient réalisées pour que l’on voie exactement ce qui se passe. Les longues nuits d'hiver de l’hémisphère nord sont idéales pour mener ces observations, le radiant étant au-dessus de l'horizon pendant presque toute la nuit, et ce quel que soit l'hémisphère.

Figure 1 – Position du radiant des δ-Cancrides.

α-Centaurides

Actif                 : du 28 janvier au 21 février;
Maximum : le 7 février, à 22h45m (sol = 319.319°);
ZHR = variable, généralement ~6, mais pouvant atteindre 25+;
Radiant : alpha = 210°, delta = -59°;
Dérive du radiant : voir Tableau 6;
V = 56 km /s;
r = 2.0;

Les α-Centaurides sont l’un des rendez-vous les plus importants de l’hémisphère sud des premiers mois de l’année, étant à l’origine de nombreux objets très brillants, voire de bolides (météores de magnitude inférieure à –3). Leur ZHR lors du pic est normalement autour de 5-10, mais en 1974, puis de nouveau en 1980, des sursauts d’activité ont produit des taux d’activité plus proches de 20-30 pendant quelques heures. Comme nous ne pouvons pas prévoir quand un tel événement pourrait subvenir, les observateurs photographiques, vidéo et à l’œil nu doivent être en état d’alerte. Rien que par leur luminosité, il est toujours valable d’observer l’activité des α-Centaurides, même si elle n’est pas exceptionnelle, car au moins un tiers de ces météores laissent des traînées persistantes. Le radiant est presque circumpolaire pour la plus grande partie des régions terrestres subéquatoriales habitées, et il atteint une élévation utile à partir de la fin de la soirée. Les conditions lunaires sont excellentes cette année, la Nouvelle Lune le 8 février procurant des conditions d’observation exceptionnelles.

Figure 2 - Position du radiant des α-Centaurides.

γ-Normides

Actif                 : du 25 février au 22 mars;
Maximum               : le 13 mars (sol = 353°);

ZHR                   = 8;
Radiant               : alpha = 249°, delta = -51°;
Dérive du radiant     : voir Tableau 6;
V                     = 56 km /s;
r                     = 2.4;
TFC                   : alpha = 225°, delta = -26° et
alpha = 215°, delta = -45° (bêta <15° S);

Figure 3 - Position du radiant des γ-Normides.

Position du radiant des γ-Normides ressemblent beaucoup aux météores sporadiques, et pendant la plus grande partie de leur période d’activité, leur ZHR est quasiment impossible à différencier des taux de l’activité météorique habituelle. Le pic en lui-même est généralement assez court, avec des ZHRs de 3+ qui sont enregistrés pendant seulement un ou deux jours de part et d’autre du maximum. L’activité peut parfois varier quelques peu, avec, occasionnellement, des maxima plus étalés, ou moins évidents, rapportés par le passé, et en 1999, des observations indépendantes en Australie et en Afrique du Sud qui ont suggérées que le pic serait tombé le 17 mars. Les observations réalisées après minuit donneront les meilleurs résultats, car le radiant sera alors assez élevé depuis les sites de l’hémisphère sud (le radiant ne se lève pas pour beaucoup de régions situées au nord). L’essaim est malheureusement en manque d’observations régulières, et la période entre la Nouvelle Lune et le Premier Quartier s’étalant du 10 au 17 mars, rendant possible la couverture des deux maxima potentiels, 2005 est une année excellente pour commencer. Toutes les techniques d’observation peuvent être utilisées.